MOKEN ORGANIC EYEWEAR
Moken : née à Hossegor face à la marée de plastique
L’hiver 2013-2014 a été l’un des plus violents qu’ait connu le sud-ouest de la France depuis dix ans. Des tempêtes successives ont ravagé le littoral des Landes, rendant le surf impossible pendant plusieurs mois. Au début du printemps 2014, lors des premières accalmies autorisant enfin les premières sessions de l’année, le spectacle était saisissant : sur plus de 300 km de côtes, le sable était entièrement recouvert de sacs plastiques, de filets de pêche, d’emballages et d’autres déchets qui mettront de 500 à 1 000 ans à se désintégrer. Pour Clément (design) et Pierre Le Gall (ingénierie) — deux lunettiers passionnés de sports outdoor qui travaillaient depuis plusieurs années ensemble dans l’industrie du surf — la conclusion s’est imposée d’elle-même : il était évident que le plastique devait devenir un combat.
En 2014, ils fondent Moken à Hossegor, capitale européenne du surf, dans les Landes. La marque puise son essence et son idéologie dans son environnement : l’eau, le sable et le bois. Il leur faudra quatre années de développement intensif — testant les compatibilités entre matériaux, moules et machines — pour mettre au point leurs concepts. Le résultat est une marque de lunetterie qui ne ressemble à aucune autre : We are organic eyewear.
Bois, liège et pierre : la collection organique, chaque paire unique
La première des trois grandes familles de matériaux Moken est aussi la plus spectaculaire : des montures en bois, en liège ou en pierre. Pour le liège, le choix s’est imposé naturellement : les forêts landaises sont composées à la fois de pins et de chênes-lièges, un matériau abondant, local, régénérable, léger et étonamment durable. Pour le bois — chêne, bois rouge, espèces variées — Moken a développé des techniques d’armature en aluminium pour compenser la fragilité naturelle de la matière sans en trahir l’apparence. La monture reste vivante, organique, imparfaite dans le bon sens du terme : chaque paire est unique, puisque le bois ne se répète pas.
La pierre représente le défi technique le plus extrême. Comment poser de l’ardoise ou du granit rose sur une monture optique sans en faire un poids impossible à porter ? Moken a développé des procédés de production spécifiques, notamment le déplacement de fines couches d’ardoise d’un millimètre d’épaisseur sur coussin d’air, associées à un mix bois-acétate. Le résultat : des montures d’une légèreté étonnante, au rendu visuel d’orfèvre, qui combinent plusieurs textures naturelles en une seule pièce. Un travail de joaillier appliqué à la lunetterie — et réalisé entièrement à la main.
La monture qui retourne à la terre : biodégradable et bio-sourcée
Moken ne s’est pas arrêtée à la matière naturelle : la marque a poussé l’engagement écologique jusqu’à ses conséquences les plus radicales. La collection Biodégradable propose des montures — optiques et solaires — 100 % bio-compostables. En contact avec du compost, le matériau se décompose en 120 jours — une durée certifiée selon la norme internationale ISO 14855. Rien ne se perd, tout se transforme : le design intègre des références subtiles au territoire landais — aiguilles de pin, dunes, lignes du littoral — comme autant de clins d’œil discrets au pays qui a fait naître la marque. Porter une paire de la collection Biodégradable, c’est accepter l’éphémère comme principe esthétique : la monture vivra, puis disparaitra, exactement comme elle le devrait.
La collection Bio-Sourcée emprunte une autre voie : des montures fabriquées à partir de 90 % de ricin — une plante aux propriétés remarquables, utilisée en médecine et dans l’industrie, et qui constitue une alternative directe aux matières pétrochimiques. Une fois transformée, la matière ricin présente des propriétés semblables à celles du nylon : légèreté, flexibilité, mémoire de forme. Moken l’associe à un design contemporain et aux tendances actuelles, pour une gamme solaire et une gamme anti-lumière bleue qui prouvent qu’écologie et style ne sont pas antagonistes. Tous les emballages de la marque sont en papier ou PET recyclé — zéro plastique, de la monture à la boîte.
Liquid Lens, sport et engagements : une marque qui va au bout de ses convictions
Moken ne se limite pas à la matière : la proximité quotidienne avec l’océan et les sports de glisse a poussé les deux fondateurs à développer leurs propres technologies de verres. Le programme LIQUID LENS® — plus de deux ans de développement avec leurs ambassadeurs — est une optique polarisée haute définition conçue spécifiquement pour les environnements changeants et éblouissants de l’océan : marins et pêcheurs professionnels peuvent voir plus profond, identifier écueils et bancs de poissons, dans un verre doté d’un traitement SUPER HYDROPHOBE qui repousse l’eau et optimise le confort en conditions extrêmes. La gamme montagne décline d’autres solutions : le LINE TRACKER (polarisation haute, teinte rose, pour lire le terrain en neige), le SUMMIT MASTER (catégorie 4 pour l’alpinisme), et une lentille photochromique ON/OFF qui passe de 0 à 3 en 7 secondes pour les environnements à luminosité variable.
L’offre Moken couvre un large spectre de pratiques : solaires (hommes, femmes, unisexe, polarisées, glacier), optiques (avec une ligne anti-lumière bleue à base de ricin), enfants dès 9 mois, et une gamme sport dédiée au ski, au snowboard, au vélo, à la voile, à la pêche, au trail et à l’alpinisme — ainsi que des masques de ski. Un engagement supplémentaire, moins visible mais tout aussi réel : Moken fait fabriquer une partie de ses produits dans une entreprise composée à 80 % de personnes en situation de handicap. Une marque née d’un choc écologique, qui pense chaque décision jusqu’à sa dernière conséquence.
En résumé
Fondée en 2014 à Hossegor par Clément et Pierre Le Gall, deux lunettiers passionnés de surf animés par un choc écologique face à la pollution plastique du littoral landais, Moken est la marque française de lunetterie organique et éco-responsable. Trois grandes familles de matériaux : la collection Biologique (bois, liège, pierre — chaque paire unique, façonnée à la main), la collection Biodégradable (100 % bio-compostable, décomposition en 120 jours selon norme ISO 14855), la collection Bio-Sourcée (90 % de ricin, alternative végétale aux matières pétrochimiques). Technologie de verres LIQUID LENS® (polarisée haute définition pour l’océan), LINE TRACKER, SUMMIT MASTER (cat. 4), photochromique ON/OFF. Gammes : solaires, optiques, enfants, sport (ski, snowboard, vélo, voile, pêche, trail, alpinisme), masques. Zéro emballage plastique. Fabrication partielle en ESAT (80 % de travailleurs handicapés). Dessinée au bord de l’océan, pensée pour lui.