MOSCOT
MOSCOT : cent ans de Lower East Side dans chaque monture
New York, 1899. Hyman Moscot débarque à Ellis Island d’Europe de l’Est, quelques dollars en poche. Il s’installe dans le Lower East Side — ce quartier déjà dense d’immigrants, de petits commerces et d’ambitions contrariées — et commence à vendre des lunettes dans les rues, poussé par une poussette en bois. Une décennie plus tard, il ouvre sa première échoppe au 94 Rivington Street. Ce numéro est depuis gravé dans l’ADN de la maison comme une coordonnée fondatrice. C’est là que tout commence ; c’est là, dans un sens, que tout continue.
Plus d’un siècle plus tard, MOSCOT est toujours une affaire de famille — la cinquième génération est aux commandes. Dr. Harvey Moscot, ophtalmologue et PDG, et son fils Zack, designer industriel et directeur de création, incarnent ensemble cette dualité qui fait la force de la maison : l’expertise clinique du soin visuel et le sens affûté de la forme, du style, de l’objet. Leur devise n’a jamais changé : « Your vision is our concern. »
Ce qui distingue MOSCOT dans un marché dominé par les grands groupes, c’est précisément ce refus de la bureaucratie : les décisions se prennent à deux, vite, sans filtre. La qualité du produit prime sur les budgets marketing. Et la marque grandit lentement, sûrement — en sélectionnant chaque emplacement de boutique avec la même attention qu’elle apporte à chaque rivet d’une monture.
Les MOSCOT Originals : des archives à la rue
Le cœur de la collection MOSCOT, ce sont les Originals : des montures en acétate épais, aux rivets apparents et aux charnières multiples, inspirées des archives de la maison et des silhouettes que le Lower East Side a vues défiler de la fin des années 30 aux années 80. Chaque modèle porte un nom — et chaque nom dit quelque chose de l’histoire. LEMTOSH, MILTZEN, DAHVEN, NEBB : des mots issus du yiddish, cette langue que la famille Moscot a emportée dans ses valises depuis l’Europe de l’Est et qui résonne encore dans la gestion quotidienne de la maison. Donner un nom yiddish à une monture, c’est ancrer l’objet dans une mémoire plus large que celle de la mode.
The LEMTOSH est sans doute le plus célèbre : cette monture ronde aux côtés légèrement aplatis, inspirée des années 1940, est devenue au fil du temps l’une des formes les plus reconnaissables de la lunetterie mondiale. Disponible en 32 coloris, réalisée en acétate italien de premier ordre, elle incarne l’esthétique MOSCOT dans ce qu’elle a de plus immédiat : une présence forte, une ligne évidente, un caractère qui n’a pas besoin de s’expliquer. The MILTZEN, lui, remonte aux années 1930 — il doit son nom à l’« Oncle Heshy », que tout le monde appelait inexplicablement « Miltzen ». Avec ses verres ronds et son acétate transparent qui en a fait un succès intemporel, il reste l’une des montures les plus portées de la maison.
Ces modèles — et la dizaine d’autres qui composent les Originals — ne cherchent pas à répliquer le passé. Ils l’absorbent, le digèrent, le réinterprètent. Zack Moscot, designer formé à l’industrie, veille à ce que chaque nouvelle ligne reste animée par le même esprit : l’audace du Downtown, la sobriété de l’artisan, la cohérence d’une maison qui sait d’où elle vient.
De Warhol à Harry Styles : une légende culturelle
L’histoire de MOSCOT et celle de la culture new-yorkaise se sont entrelacées bien avant que le mot « tendance » n’existe dans son sens actuel. Andy Warhol — qui vivait à quelques pas de la boutique originale du Lower East Side — porta les MILTZEN transparentes et en fit, sans le vouloir, l’un des accessoires les plus photographiés de son époque. Les lunettes étaient là, sur son visage, dans chaque image : elles devinrent insidéparablement liées à son image.
Depuis, la liste des personnages célèbres qui ont choisi MOSCOT — spontanément, sans contrat, parce qu’ils connaissaient la marque et son esprit — est devenue presque trop longue à énumérer. Johnny Depp et The LEMTOSH : une association tellement naturelle qu’elle semble avoir toujours existé. Demi Moore, Paul McCartney, Harry Styles : chacun à leur manière, ils ont fait de la monture ronde de la maison un signal de reconnaissance entre connaisseurs. Robert Downey Jr. dans Oppenheimer : des MOSCOT pour incarner le physicien, parce qu’il n’existe pas de lunette plus juste pour un intellectuel américain du milieu du XXe siècle.
Zack Moscot le dit lui-même : « Tout cela est organique. Ils portent des MOSCOT simplement parce qu’ils connaissent la marque, le style et l’esprit. » C’est exactement ce que valent cent ans de présence au cœur de la ville la plus photographiée du monde.
Une maison indépendante, un engagement envers sa communauté
MOSCOT compte aujourd’hui plus de 2 500 points de vente dans plus de 50 pays et une vingtaine de boutiques en propre — de New York à Londres, de Munich à Tokyo, de Paris à Zurich. Chaque ouverture est pensée lentement, soigneusement, à l’image d’une maison qui refuse de grandir plus vite qu’elle ne le décide. La logique commerciale n’efface jamais la logique du produit : les montures sont réalisées avec des acétates italiens et allemands de haute qualité, assemblées par des ateliers partenaires de longue date, et les verres sont taillés à New York dans le laboratoire maison — MOSCOT NYC Labs.
L’engagement de la maison dépasse cependant le seul cadre commercial. Moscot Mobileyes est le programme caritatif qui permet chaque année à des New-Yorkais dans le besoin de bénéficier de soins visuels et de lunettes correctrices gratuitement. Harvey Moscot y consacre du temps personnellement : « J’ai ressenti le besoin de redonner quelque chose à la communauté, aux New-Yorkais qui n’ont pas les moyens de se payer une paire de lunettes. » C’est la même logique qui a animé l’exposition Punk & Beyond : Legends of the Lower East Side, dont les bénéfices ont été reversés au financement de programmes musicaux dans les écoles défavorisées.
En résumé
MOSCOT est une maison new-yorkaise fondée en 1915, aujourd’hui menée par la cinquième génération de la famille Moscot. Ses montures Originals — aux noms yiddish, à l’acétate épais, aux rivets aparents — sont des pièces devenues iconiques : The LEMTOSH et The MILTZEN comptent parmi les silhouettes les plus reconnaissables de la lunetterie mondiale, portées d’Andy Warhol à Harry Styles. Indépendante, familiale et engagée dans sa communauté via Moscot Mobileyes. Cent ans d’histoire du Lower East Side, portés sur le visage.
Les opticiens qui proposent la marque MOSCOT
ARCHIMBAUD OPTICIEN
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OPTIQUE FAIOLA
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